Ewillane

Jouez la carte de l'imagination !

The Witcher

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A l’occasion de la sortie de The Witcher 2, je ressors cette critique faite sur le premier opus de la série. Voilà l’occasion de se rafraîchir la mémoire avant d’attaquer la suite.

 

Adapté d’un œuvre littéraire polonaise, the Witcher, premier né des studios CDProjekt, doit faire sa place dans le monde du jeu.  Le projet est ambitieux :  il s’agit de renouveler le genre du jeu de rôle sur PC.  The Witcher en a-t-il les capacités ?

Géralt de Riv, anti-héros malgré lui

Après l’installation du jeu, impatient et fébrile d’aller à la rencontre de ce jeu qui vous a tapé dans l’œil par son genre et ses promesses, vous découvrez l’air ébahi la cinématique d’introduction : un vrai film d’animation, assez long, qui vous fait découvrir votre futur vous : Géralt de Riv. Il est sorceleur : un chasseur de monstres modifié génétiquement pendant son entraînement. Comme tous les sorceleurs, il n’est pas particulièrement apprécié des populations locales qui le voient comme un danger, peu différent à leurs yeux de ceux qu’il combat. Il est vrai qu’avec son teint blafard, ses cicatrices et ses yeux de loup, Géralt n’inspire vraiment pas confiance. Vous apprendrez qu’il est une véritable légende, tant par ses exploits que par son fabuleux retour d’entre les morts. Il a reçu de la part d’un patron de taverne mécontent un coup de fourche dans l’estomac qui l’a laissé pour mort. Amnésique mais toujours en vie, il revient cinq ans après cette aventure à la surprise de tous.

Retrouvé par un groupe de sorceleurs qui, visiblement, le connaît, il est entraîné dans une forteresse à l’abandon où vous prendrez le personnage en main pour la première fois au beau milieu d’un combat. Il faut le dire, si les débuts in medias res siéent parfaitement à une œuvre littéraire, en revanche, en ce qui concerne The Witcher le pari est largement perdu. En effet, le joueur, complètement déboussolé, n’a pas le temps de découvrir l’interface de jeu et encore moins celle de combat, assez complexe dans l’ensemble. Comment comprendre en quelques secondes le système de combo dans ces conditions ? Vous apprendrez par la suite à gérer vos clics : un premier pour lancer l’attaque, puis, au bon moment, un autre pour valider le combo et recommencer encore, chaque attaque devenant plus puissante à chaque combo réussi. Mais attention, cliquez trop tôt et le combo est annulé, provoquant presque immédiatement une riposte de votre adversaire ; cliquez trop tard et le combo n’existe plus, il vous faudra tout recommencer depuis l’attaque de base.

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L’interface de combat

Malgré un début difficile, vous serez vite séduits par  l’univers de The Witcher. L’histoire assez bien ficelée vous donnera très vite envie de connaître la suite. Comme dans un livre, l’histoire est divisée en chapitres et il vous faut finir toutes les quêtes principales pour  passer au suivant. Bien sûr,  il existe de nombreuses quêtes secondaires qui vous amuseront et vous permettront de gagner de l’or, aspect non négligeable quand on voit les difficultés d’en avoir. Avec pas moins de sept chapitres (en incluant le prologue et l’épilogue), le jeu a une durée de vie absolument fantastique. Il ne vous faudra pas moins de 6h de jeu pour chaque tableau et le temps de jeu peut encore augmenter si vous décidez de faire le jeu à fond et de terminer toutes les quêtes secondaires.

On déplore toutefois les frontières internes au jeu qui nous empêchent, une fois une étape franchie, de revenir en arrière. Chaque chapitre a son lieu propre dont il est quasiment impossible de sortir. De même, alors que vous parcourez la campagne apparemment infinie qui vous entoure, vous butez au détour d’un buisson dans une barricade invisible qui vous signale que vous ne pouvez pas aller plus loin ; et, lorsque vous vous baladez en ville, vous avez l’impression que chaque maison est explorable quand, en réalité, une petite partie vous est ouverte.  Du reste, les temps de chargement sont particulièrement longs, ce qui s’aggrave en ville lorsque vous devez passer d’une maison à une autre assez souvent. Cela ralentit considérablement l’immersion du joueur dans le jeu. On ajoutera que concernant l’immersion, un autre point fait défaut. CDProjekt a fait le choix des personnages « types », ce qui est certes très pratique en combat pour comprendre comment vous allez aborder l’adversaire par un simple regard à son apparence. On le déplore  en d’autres circonstances. Croiser toujours les même trognes est lassant. Et seuls quelques PNJ marquants sortent du lot avec leur design propre.

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Des décors à couper le souffle !

Malgré ces inconvénients qui pourraient suffire pour discréditer un autre jeu, The Witcher réussit le tour de force de nous faire oublier ses défauts. Comment ? En nous donnant, à nous, joueurs, la possibilité d’agir sur l’histoire du jeu en profondeur. Ainsi, vous découvrirez que chacun de vos choix, qu’il soit en acte ou en parole, peut avoir des conséquences diverses. Le même scénario peut avoir jusqu’à quatre fins possibles selon votre interaction avec le jeu. The Witcher réussit son pari de transformer le jeu de rôle par ce biais. Il conserve malgré tout une base classique à travers le système de point qui fait évoluer le personnage.

Tris Merigold, ma sorcière bien aimée

Autre réussite indéniable du jeu, le caractère « pour adulte ». Géralt n’est pas un anti-héros comme les autres. Buveur, amoral, parfois violent, il nous fait traverser le jeu de manière non conventionnelle, loin du preux chevalier des lais moyenâgeux. Il sème la mort sur son passage et vous serez quelque peu surpris quand peu de PNJ survivront au chapitre en cours, après que vous ayez résolu l’affaire. « Si on ne mord pas la main qui vous nourrit, rien n’empêche de la couper » semble être le credo de notre sorceleur.  Malgré son physique peu avantageux et ses manières de truand, Géralt connaît un certain succès auprès de la gent féminine. Vous pourrez ainsi collectionner les cartes peintes érotiques des différentes conquêtes de votre héros tout au long de l’histoire. Cela change des Zelda et autres Oblivion qui, sous couvert de faire de vous un assassin ou un tueur de monstres, restent très politiquement correct.

 

 

 17/20

De manière générale,  le design de The Witcher est très bien fait depuis les dessins d’écran de chargement ou des cartes, aux paysages des régions et villes que vous traversez. Il reste un jeu auquel vous prendrez plaisir à jouer si tant est que vous soyez patient. Original et résolument novateur, The Witcher connaît une durée de vie exceptionnelle que peu de jeux sont à même d’offrir en ce moment, garantissant par là-même un investissement sûr. Les studios CDProjekt, forts de leur première expérience et de leur première réussite en la matière, sont désormais à compter parmi les grands. On attend avec impatience la sortie d’un nouveau jeu et pourquoi pas d’une suite à The Witcher que la rumeur laisse entrevoir.

 

 

 

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